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オカシイ世の中覚え書き

1月12日、平和主義に背を向けふんぞりかえる王国、日本


「NATOへの接近、防衛省の創設。王国は平和主義に背を向ける。」

「ふんぞりかえる日本」

(写真は、1945年以来最初の防衛省大臣である久間章生と安倍晋三総理大臣。(ロイター))

日本特派員 ミシェル・テマン


このスターリン風の掩蔽壕(えんぺいごう)は、金正日の最後の宮殿のようでもある。実は、日本の首相安倍晋三と礼服姿の軍人と将校によって東京で火曜日に除幕式が行われた巨大な建物は日本初の防衛省である。それまでは、この機構は「防衛庁」と呼ばれ、「庁」であった。自衛隊のトップには長官がついていた。火曜日からは、正式な防衛大臣であり、第二次世界大戦以降このポストにはじめてつく最初の文官である久間章生によって自衛隊は指揮されることになる。

1876年にフランス人によって創設された古い軍学校のあった場所に建っているこの新しいスーパー省ができて、日本は世界第五位の予算(年間310億ユーロ)を防衛に費やす、劣等感無しの大国として最終的に動くことになる。確かに、日本の武装力は、危機の際には105の基地を持ち46000人の兵を日本の領地に展開する米軍に完全に束縛されたままになる。さらには、日本の兵士は自衛のため以外では発砲することを相変わらず許されていない。しかし、1992年、いわゆるPKO法(国連平和維持活動協力法)の成立以来、日本は翼を生やした気分になった。日本は国連のいくつもの平和維持ミッション(カンボジア、ルワンダなど)に参加した。今日では、日本はさらに多くのことを望んでいる。日本だけで予算の19.5%を負担している国連の安全保障委員会の常任理事国に、できればなりたがっているのである。

今日52歳の安倍晋三が体現しているハード右派は、交戦権を日本に放棄させて武装兵士を「国際紛争を解決する手段としては海外に」派遣することを禁じている平和憲法とその第9条にもはや日本は締め付けられていてはならないと考えている。

平和憲法を葬り去る
こうして、この首相の自民党は1947年にマッカーサー将軍から強制された条文を修正するために5年という期間を設定している。2003年の初頭から、ジョージ・ブッシュの依頼に応えて600名の兵士をイラクに派遣することで、前首相の小泉純一郎(2001-2006)は、長い間日本の左派の誇りであったこの平和憲法を事実上葬り去ることに成功したことになる。

今日では東京の評論家たちは、これから日本は他国と同じように軍事大国のひとつとなる、とみている。その間違いない兆候のひとつが、現在欧州を訪問中の安倍晋三がNATOの本部も訪れていることである。北朝鮮の核開発と中国の軍事力の増大の今、安倍晋三は日本がNATOと北大西洋条約との戦略的関係を強化したいと述べている。

その経済力に匹敵する政治的地位、さらには軍事的地位を日本に与えようというこの意思は、仮にそれがウルトラ国家主義熱が新たに高揚していないのならば、問題を起こさないはずなのであるが。こうして、安倍晋三の日本では「昔の日本の価値」がよみがえり、「国家の精神」が高唱され、死刑が再開されることになった。新しい教育基本法は、それを「反民主主義的」だと判断した多くの人の反対を押し切って、「国への愛」を完成させるために今後生徒に「愛国心教育」を受けさせることを強制する。

激論
元首相の中曽根康弘は、日刊紙読売新聞に前の日曜日に載っためったにない激しい論説の中でこう書いた。人々を分裂させ、日本の単一性を破壊し、日本の倫理原則の崩壊をひどくした小泉の5年間の劇場政治の後では、今日の日本の大きなチャンスは保守主義への回帰を保証する安倍晋三であると!中曽根の提案する特に輝くアイデアは、安倍内閣が社会の中に武士道の道を復興することである。(編集部注:「武士道」とは「戦士の道」を意味する。)武士道の道とは、公益の名の下での個人の犠牲を意味する。これと同じ武士道の名において日本の特攻隊は太平洋戦争の間、敵の戦艦に戦闘機で突っ込んでいったのであった…。

ベストセラー
太平洋安全研究所の専門家であるアレクサンダー・マンスロフ(Alexander Mansourov)によれば、この国家主義の目覚めには、日本を下から上まで揺さぶっていうという目をみはる現象がある…。藤原正彦は「国家の品格」と題されたエッセイで、自由と平等という西洋の概念は日本には「不適切」であると主張しているのだ。このエッセイはベストセラーになり、すでに200万部売れている。

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Fumo Kyuma (à gauche) en compagnie du Premier ministre Shinzo Abe est le premier ministre de la Défense depuis 1945. (REUTERS)
Par Michel TEMMAN
QUOTIDIEN : vendredi 12 janvier 2007
Tokyo de notre correspondant

Ce bunker de style stalinien pourrait être le dernier palais de Kim Jong-il. En fait, l'énorme édifice inauguré mardi à Tokyo par le Premier ministre japonais Shinzo Abe et des militaires et officiels en queue de pie est le premier ministère nippon de la Défense. Jusqu'alors, cette institution, dite le boecho, était une «Agence». Un secrétariat d'Etat à la tête des Jietaï, les «forces d'autodéfense». Depuis mardi, elle est dirigée par un ministre de la Défense en bonne et due forme, Fumio Kyuma, premier civil à occuper ce poste depuis la Seconde Guerre mondiale.

 Avec ce nouveau superministère élevé sur le site de l'ancienne école militaire fondée par des Français en 1876, le Japon se mue définitivement en puissance décomplexée, qui consacre à sa défense le cinquième plus gros budget mondial (31 milliards d'euros par an). Certes, les forces armées nippones demeurent complètement liées, en cas de crise, à celles des Etats-Unis qui maintiennent 105 bases et 46 000 hommes sur son territoire. En outre, les soldats nippons ne sont toujours pas autorisés à tirer un coup de feu ­ sauf pour se défendre. Il n'empêche que depuis 1992 et l'adoption de la loi dite PKO de maintien de la paix, le Japon s'est senti pousser des ailes. Il a participé (au Cambodge, au Rwanda, etc.) à nombre de missions de maintien de la paix de l'ONU. Aujourd'hui, il veut plus. Si possible un siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU, organisation dont Tokyo finance à lui tout seul 19,5 % du budget.
Pour la droite dure, incarnée aujourd'hui par Shinzo Abe, 52 ans, le Japon ne peut plus se permettre d'être tenaillé par sa Constitution pacifiste et son article 9, qui lui ôte le «droit à la guerre» et lui interdit d'envoyer des soldats armés «sur un théâtre extérieur en vue de résoudre un différend international».
Enterrer. Aussi le Parti libéral démocrate (PLD) du Premier ministre se donne-t-il cinq ans pour réformer le texte imposé en 1947 par le proconsulat du général McArthur. En décidant, début 2003, d'expédier 600 soldats en Irak, comme le lui demandait George W. Bush, l'ancien Premier ministre Junichiro Koizumi (2001-2006) aura réussi de son côté à enterrer de facto ce pacifisme constitutionnel, longtemps la fierté de la gauche japonaise.
Des commentateurs japonais, à Tokyo, estiment aujourd'hui que «le Japon est désormais une puissance militaire comme les autres». Un signe qui ne trompe pas : actuellement en tournée européenne, Shinzo Abe visite aussi le siège de l'Otan. A l'heure de la nucléarisation de la Corée du Nord et de la montée en puissance militaire chinoise, il aimerait, a-t-il confié, que le Japon «renforce» ses liens stratégiques avec l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord.
Cette volonté de doter le pays d'un statut politique voire militaire à l'égal de sa puissance économique, ne poserait aucun problème si elle ne s'accompagnait pas d'une nouvelle poussée de fièvre ultranationaliste. Ainsi voit-on le Japon de Shinzo Abe ressusciter les «valeurs du Japon d'antan», chanter «l'esprit de la nation» ou réactiver la peine de mort. Une nouvelle loi sur l'enseignement oblige désormais les écoliers à suivre des «cours de patriotisme» en vue de parfaire l' «amour du pays», au grand dam de beaucoup d'opposants qui l'ont jugée « antidémocratique ».
Violence. Dans une tribune d'une rare violence, publiée dimanche dernier dans le quotidien Yomiuri, l'ex-Premier ministre Yasuhiro Nakasone estime qu'après «les cinq années de théâtre politique» de Koizumi, qui a divisé les gens, détruit «l'unicité» du Japon et aggravé «l'érosion des principes éthiques du pays», la grande chance du Japon, c'est aujourd'hui Shinzo Abe, un homme, écrit-il, qui garantit «le retour au conservatisme» ! Nakasone propose, entre autres idées lumineuses, que l'administration Abe «restaure dans la société la voie du bushido [littéralement «la voie du guerrier», ndlr], laquelle implique le sacrifice personnel au nom de l'intérêt public». C'est au nom de ce même bushido que les kamikazes nippons écrasaient leur chasseur sur les cuirassés ennemis, pendant la guerre du Pacifique...
Best-seller. Pour Alexander Mansourov, spécialiste de l'Asie au Centre d'études sur la sécurité du Pacifique, ce «réveil nationaliste» a cela de spectaculaire qu'il secoue de fond en comble le pays... Dans un essai intitulé la Dignité d'une nation, Masahiko Fujiwara soutient que les concepts occidentaux de liberté et d'égalité sont «inappropriés» au Japon. L'essai est un best-seller, déjà vendu à deux millions d'exemplaires.

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最終更新:2007年01月13日 17:29